Archive | juin 2011

La voiture

La voiture a ici une importance capitale. C’est un élément de la culture locale, c’est une composante de la famille. Tout est dicté par la voiture, et les conséquences de sa suprématie sont visibles partout.

En ville, un bloc sur 8 est un parking, sur 3, 4 ou 5 étages. Les supermarchés sont relayés à la périphérie, facilement accessible par highway. Les banlieues sont pratiquement mortes, les commerces de proximités sont très rares, et mal répartis (souvent le long de la rue centrale) laissant des « vides » de services, où les habitants n’ont de toute façon pas d’autre moyen que de prendre la voiture pour faire les courses. La ville semble être un coeur à deux pulsations par jour; captant le matin le flux d’automobilistes grâce à un réseau tentaculaire de 4×4 voies, et le rejetant le soir, encombré de caillots. Les rues piétonnes sont quasiment inexistantes, les transports en commun, catastrophiques, prennent souvent autant de temps que le même trajet à pied.

La voiture va jusque défigurer les parcs et les monuments. Auckland Domain est un superbe parc, le plus grand du centre d’Auckland; il est traversé de routes, est équipé de grands parkings. Le musée est un beau monument, classiscisant, imposant, les voitures passent devant la porte! One Tree Hill est également un très beau parc, autour d’un ancien volcan, au sommet duquel se trouve un obélisque. Des sentiers sympathiques mènent au sommet à travers des parcs de moutons, dans un esprit un peu campagnard. Mais l’Obélisque est également accessible par voiture! Une boucle improbable permet d’accéder à un parking d’une dizaine de place, très étroit. Il est vraiment possible de se garer au pied des dernières marches! Notre première hypothèse, qui était de dire que cela permettait aux handicapés d’accéder au sommet, est détruite par ce dernier constat; même arrivé là, il reste quand même une quinzaine de marches, sans équipement pour les personnes handicapées…

Ce constat était vraiment amère, alors que les paysages sont si beaux, si propices à se balader, les aménagements nécessaires à rendre chaque endroit accessible en voiture détruisent le paysage! Il va falloir sortir un peu d’Auckland pour se libérer de ce poids.

Premières « considérations » architecturales

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Alors que nous attendions l’avion pour Auckland à l’aéroport de Melbourne, nous avons pu assister à un superbe levé de soleil.
Au fur et à mesure que les heures passaient, quelque chose me perturbait. Je me suis finalement rendu compte que dans l’hémisphère Sud, le soleil se trouve au Nord au zénith, et non au Sud comme en Europe.
Du coup, la façade ensolleillée d’un bâtiment est la façade Nord, ce qui est un peu perturbant, mais qui peut se réveler très utile par la suite.
Quoiqu’il en soit, cette simple constatation traduit un « malaise » perceptible; en voyant le soleil suivre sa course, on perd réellement le sens de l’orientation, puisque celui-ci va dans le sens opposé à chez nous.

depuis mon HTC

J+1, le port d’Auckland

Ensemble de logement sur le port de plaisance d'Auckland

Notre première sortie, une fois vaincu les effets du Jetlag, nous a mené au port de plaisance d’Auckland. C’est un port très sympathique, pas si grand à première vue, mais qui abrite de sacrés bateaux: deux anciens voiliers de l’America’s Cup sont à la rade devant une série de bars et restaurants chics, attendant les touristes pour une virée en mer ou une course.

Yacht Emirates à quai Prince's Wharf

D’autres yachts plus confortables, deck en bois, bimâts, ou catamarans de course, sont également alignés les uns aux autres. La promenade est vraiment sympa, toute la zone ayant été réaménagée il n’y a pas longtemps pour en faire un complexe logement-loisir très chic!

Une partie du port était en cours d’aménagement pour un évènement de ski (Big Air et foire d’équipement) qui devait se tenir le lendemain. J’aurais bien aimé commencer mon expérience néo-zélandaise par un petit show de ski, mais le déluge qui nous est tombé dessus le samedi a contrait l’organisation d’annuler! Bien dommage!

Jour J, Stress à l’arrivée

Si la Nouvelle-Zélande est réputée très agréable à vivre, et les gens très accueillants, l’arrivée à l’aéroport a de quoi en refroidir certains, et cela avant même d’avoir posé le pied sur le « sol » néo-zélandais!

La première épreuve est le passage de la douane, vérification des passeports et obtention des visas. Étant arrivés assez tard, et comme l’aéroport d’Auckland n’est pas vraiment grand, la vingtaine de box sont vides, à l’exception d’un. L’agent de douane ne décroche pas un sourire, et commence méthodiquement à nous interroger: but du séjour, durée, ce que nous avions prévus de visiter et de faire pendant les 6 semaines, où est-ce qu’on logeait, etc. J’avais l’impression que la moindre réponse fausse pouvait nous « trahir », et nous bloquer à la frontière. Verena, ayant déjà fait un séjour aux Etats-Unis, n’avait pas les mêmes angoisses, et a tranquillement baratiné pendant que j’acquiesçai de la tête. Nous sommes bien entendu passés sans problèmes, mais j’ai gardé la boule au ventre pendant quelques minutes, avec l’impression d’avoir pris ces formalités un peu trop à la légère.

La deuxième étape est pour tous les arrivants, locaux ou autres: déclarations de douane. La Nouvelle-Zélande est une île, et se protège contre toute intrusion de plantes ou parasites. Une pomme oubliée dans son sac, et c’est une amende immédiate de près de 250€. Afin d’éviter cela, un grand nombre de panneaux préviennent et rappellent les voyageurs dès le pied hors de l’avion. Les douaniers sont ultra vigilants, et bien équipés, Verena en a fait l’expérience! Pendant qu’elle était occupée à récupérer son sac à dos, un agent s’est approché de son sac, et l’a fait sentir par son chien. Celui-ci l’a senti deux secondes, puis s’est gentiment assis et à regardé son maître; il y avait visiblement quelque chose qui n’allait pas! Le chien avait senti l’odeur de la banane que Verena avait gardé quelques heures pendant le vol, avant de la manger! Le chien avait senti la trace de la banane! Second contrôle, un autre agent nous questionne, notamment à propos de nos chaussures (mes chaussures de montagne, ayant été trimballée un peu partout, peuvent abriter un quelconque colonisateur autre que moi). Finalement, tout notre barda est passé aux rayons X, et nous arrivons enfin en Nouvelle-Zélande! Il est déjà 20h30, et il faut maintenant gagner notre appart au centre d’Auckland, 30 minutes de navette!

Jour J, A l’autre bout du monde…

A380

Notre "coucou" à son arrivée à Melbourne

Le départ d’Allemagne, après 9 mois à Aachen, à eu lieu de Frankfurt, le 30 mai, 23:50. Au programme, près de 28h de vol, et une arrivée à Auckland deux jours plus tard avec le décalage horaire.

Frankfurt – Singapore – Melbourne – Auckland. De loin le plus long vol que j’ai jamais fait, et que je ne ferais jamais (pour aller plus loin, il serait en effet plus court de partir dans l’autre direction :))! Nous avions choisi Qantas avec l’espérance de voler à bord de l’A380, espoir vite douché à l’achat des billets: Boing 747 tout le long…

La bonne nouvelle est tombée quelques jours avant le départ, avec un changement de billets; nous arrivions 8 heures plus tard, mais le trajet Singapour – Melbourne se ferait avec l’Airbus!

Et cela vaut bien les 8h de décalage à l’arrivée! Le confort de cet avion est vraiment à la hauteur de ce que j’espérais: grands écrans tactiles individuels, avec les films des 38 dernières années ayant reçu un oscar, excellents repas, boissons à volonté, et cette petite webcam sur l’aileron arrière, qui permet de vivre les décollages et atterrissages de l’extérieur de l’avion! Une seule déception; le vol n’a duré « que » 7h30! Les autres trajets sont soudainement devenus si banals!

L’arrivée à Melbourne s’est faite juste avant le levé de soleil, alors que nos corps, toujours à l’heure allemande, attendaient le repas du soir! Du coup le retard du vol Melbourne – Auckland pour des raisons mécaniques a été particulièrement pénible (d’autant plus qu’il était maintenant sur que nous ne prendrions pas un autre A380 mais un simple coucou monocouloir)!

Nous avons finalement atterris à Auckland par nuit noire, et avons retrouvé l’automne, le froid, la pluie. L’aventure commençait!

Notre projet

Après 9 mois à Aachen, nous arrivions tous les deux à un moment  charnière; Verena avait terminé son diplôme à Aachen, et était donc maintenant doublement ingénieur (suffisant pour espérer trouver un travail sous toutes les latitudes), et je terminais la période de 6 mois de stage dans un bureau unique, nécessaire (mais pas suffisante) pour valider ma période de stage.

J’avais choisi depuis plus d’un an déjà de passer deux années en stage, et non un an comme obligatoire, convaincu que cette période méritait d’être exploitée à fond pour obtenir une expérience qu’il serait plus difficile d’avoir plus tard, notamment à l’étranger.

Nous souhaitions tous les deux partir dans un pays anglophone pour la langue, et souhaitions y ajouter une expérience culturelle forte, et extraordinaire. Cela nous a amené à barrer rapidement le Royaume-Uni (trop proche), et les Etats-Unis (trop grand, et la culture n’était pas ce que nous cherchions). L’Australie (trop vaste) a laissé sa place à la Nouvelle-Zélande, et à sa petitesse. Un pays dont les paysages entrevus dans les images du Seigneur des Anneaux et au cours de recherches, ne pouvaient que convenir à notre soif d’aventures! L’objectif était définitivement fixé avec l’achat de nos billets d’avion fin janvier.

Notre projet était si possible de trouver quelque chose avant (projet utopique en ce qui me concerne), soit de se poser, et de commencer notre exploration sur place. Recherches pendant la semaine (ou pendant les jours de pluie), et tourisme pendant les fins de semaine (ou les jours de beau temps). Par sécurité financière, le billet de retour était fixé au 20 juillet, avec la possibilité de le déplacer si nous trouvions quelque chose. Cela devait nous éviter d’avoir à payer un billet de dernière minute à un tarif exhorbitant! C’était également nécessaire pour avoir un visa touriste automatique de 3 mois, que nous comptions changer en visa de travail le plus rapidement possible :).

Le cadre étant fixé, il ne fallait plus qu’attendre impatiemment le jour J!

J+28

Voilà déjà 4 semaines que nous sommes arrivés, et l’occasion se présente enfin d’ouvrir un blog. Après quelques soucis informatiques, je peux enfin télécharger les photos de mon appareil et donc illustrer nos premières expériences Downunder. A suivre donc le résumé de ces 28 jours au pays du Long Nuage Blanc!