27.01 Great Barrier Island, exercice de style

Si nous avions réservé nos billets de bateau, 1) Camilla n’aurait pas retrouvé ses lunettes Ralph Lauren toutes neuves (à 200$) et 2) la tente de quelqu’un d’autre ne nous serait pas tombé sur la tête !

Passage devant Coromandel, lors des 3heures de traversée

Car si nous avions réservé nos billets de bateau, nous aurions pris un Aller-Retour pour Great Barrier Island, et je n’aurais pas eu à faire le pied de grue de 3h à 6h en attendant que quelqu’un annule ou en espérant qu’il y ait des absents. J’aurais alors pu aller acheter mon Camelback, et prendre une carte de l’île, une vraie, et nous aurions pu préparer plus sérieusement notre trajet et nos balades. Nous nous serions rendu compte que pour des questions de transports, il aurait mieux valu faire la balade du Nord vers le Sud (en arrivant en bateau par le Sud) ! Mais déjà nous sautons quelques paramètres. Le fait que le bateau soit vide malgré toute cette histoire de billet et contrairement à ce qu’on nous disait n’aura aucune influence sur la suite des évènements ! Le fait que nous n’ayons qu’une connaissance limitée de Great Barrier Island oui !

Fond bleu: drapeau standard
Fond rouge: marine marchande ou privée
Fond blanc: Navy

Nous aurions probablement demandé à la navette de nous amener à Port Fitzroy (pas possible d’aller plus loin par la route) plutôt que le camping de Harataonga. Quoiqu’il en soit, nous aurions de toute façon fait le trajet de nuit, sans rien voir de l’île.

les camping du DOC, c’est du lourd!

Traversée pour la plage

Donc si vous me suivez toujours, si nous avions réservé nos billets de bateau, nous n’aurions pas dormi au camping de Harataonga. Aucune chance donc d’avoir la surprise en se levant le matin en même temps que le soleil, de se trouver au bord de la mer et d’une plage magnifique, du moins pas celle-là (le choix ne manque pas sur l’île, quelle que soit l’hypothèse sur laquelle on se base). Nous aurions donc, comme cité plus haut, probablement pas fait la Coastal walk le premier jour avec grand beau temps, mais probablement sous un ciel nuageux le lendemain ! Donc, on peut affirmer sans grand risque qu’au milieu de toutes ces criques, blasés par ces paysages toujours pareils (mer turquoise, sable blanc, forêt dense et cigales ;p ), extenués par une longue journée de marche, nous serions passé à côté de cette paire de lunettes Ralph Lauren au milieu du chemin depuis trois jours.

Les fameuses lunettes

Vous avez donc la première raison pour laquelle cette personne n’aurait pas trouvé ses lunettes ! Ne les ayant pas trouvées nous-même, pas moyen de les lui rendre. Et si par hasard malgré cela nous les aurions trouvées quand même, allons-un peu plus loin pour savoir pourquoi non vraiment, en ayant réservé, tout aurait été différent !

le paradis, s’il existe!

Par souci de démarche scientifique, et pour devancer les « oui  mais » des ingénieurs assis au fond de la salle, considérons que ma première hypothèse soit fausse, c’est-à-dire que nous ayons quand même fait le même parcours, avec les mêmes conditions de beau temps, les baignades sur les mêmes plages ensoleillées et désertes, etc. A conditions identiques, il n’y a aucune raison de penser que nous n’aurions pas trouvé ces lunettes. Mais malgré cela, Verena n’aurait pas eu l’occasion de les rendre pour une raison simple ; nous n’aurions pas été concernés par le fait que le bateau était « sold out » pour le retour, et nous ne nous serions pas tournés vers une autre compagnie pour éviter d’avoir les mêmes angoisses. En conséquence, nous n’aurions pas pu être abordés sur le pont par Camilla, qui avait vu Verena porter ses lunettes.

Vous savez donc pourquoi il était indispensable que nous n’ayons pas réservé nos billets pour rendre cette personne la plus heureuse de la Terre :D

Maintenant vous voulez en savoir plus sur cette histoire de tente…

(soupir)…

En ayant nos billets en arrivant au port, nous aurions probablement fait la queue comme tout le monde plutôt que d’attendre devant le guichet. Etant parti du bureau assez tôt pour avoir la possibilité de faire quelques courses, il y a fort à parier que nous aurions même été dans les premiers, et que nous aurions pu prendre les meilleures places. Nous ne nous serions donc pas retrouvés face à cette personne avec qui nous avons discuté quelques temps pendant la traversée.

le Windy Canyon

Donc après avoir commencé la première journée à 10 heures avec la Coastal Walk, disons que nous nous retrouvons à 17h au milieu de l’île, loin de tout ! Deux options s’offrent à nous ; marcher vers le nord et essayer de rejoindre les plages et le camping (avec de l’auto-stop si possible), ou se lancer dans la traversée de l’île à pied à travers la forêt, en espérant trouver une place de camping avant la nuit et la pluie. Ni une ni deux, nous prenons la … 2e option ! Vous me direz qu’on s’éloigne un peu de cette histoire de tente, mais restez avec moi quelques minutes encore.

attachée au repère altimétrique

Après s’être fait poser en stop au départ de la marche, nous attaquons le chemin à 17h30 dans l’idée de trouver une place rapidement pour se reposer après le Coastal Walk. Las, à 19h30, après deux heures de chemins de crête, nous trouvons la première possibilité de planter la tente : au milieu de la plateforme d’observation au sommet du Mt Hobson, point culminant de l’île ! Les nuages sont déjà là, et nous nous couchons sous la pluie et balayé par le vent. Ce ne sera de loin pas la meilleure nuit en tente, avec un réveil toute les heures pour vérifier que nos attaches de fortune à la plateforme en bois tiennent le coup.

Le lendemain, nous terminons la deuxième partie de la marche, bien aidés par les heures supp de la veille, qui nous ramène à la civilisation et au soleil. Après avoir atteint le Nord de l’île, la hanche en vrac pour ma part, un stop nous ramène à Medlands Beach, à quelques kilomètres de notre port de départ du lendemain.

changement de décor par rapport à la veille!

Et c’est au bord de l’eau que nous retrouvons par hasard la femme du bateau, à qui nous racontons nos aventures de la veille (vue d’ici, le Mt Hobson est toujours dans les nuages). Elle a alors la gentillesse de nous proposer de prendre leur tente au camping, car elle et sa famille logent pour le moment dans un « batch » (comprenez maison de vacances), et la tente est vide.

Mermaid pools (les piscines de la sirène)

On fini par accepter l’invitation, un peu gênés. Après une nuit agitée, un peu d’espace, des robinets et des matelas ne sont pas pour nous déplaire. Nous aurions donc pu passer une bonne nuit de repos, au lieu de cela le vent se met à souffler de nouveau, encore plus fort que la veille. A tel point que vers deux heures du matin, nous nous retrouvons avec la toile de tente sur la tête, la structure métallique n’ayant pas résisté ! En y repensant, il valait mieux ça qu’une branche d’arbre !

heureusement plus de peur que de mal!

Bref, une situation inconcevable si nous n’avions pas rencontré cette femme par hasard sur le ferry.

PS : impossible de décrire tous les paysages incroyables que nous avons vu sur cette île, je vous laisse donc apprécier les photos !

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